samedi 6 septembre 2014

Vote - Nouvel An 2015 - 2 - Une demi-journée


Bonjour à tous,

Vous êtes prêts pour le deuxième "extrait" ?
Ici, on tombe dans l'étrange ;-)
N'oubliez pas de Liker et partager un max !!!

Une demi-journée


  Quittant l'école, Iron était pressé ... comme chaque jour, pressé de retrouver Niva. Chaque jour, ils se retrouvaient à la sortie pour faire un bout de chemin ensemble en rentrant chez eux. Les filles de son âge ne l'intéressaient pas, sans trop savoir pourquoi, son esprit tout entier se focalisait sur Niva. Et elle ressentait la même chose. Pourtant, Niva avait toujours refusé d'aller plus avant avec lui. Sa sœur n'arrêtait pas de le lui interdire : "Tu ne peux pas sortir avec un Undigam et tu le sais très bien". Bien sûr qu'elle le savait ! Elle le leur avait bien interdit. Et pourtant, son attirance envers Iron était si forte. Elle luttait dès lors en permanence contre son cœur et refusait systématiquement ses avances. 
  Mais ce jour-là, il avait l'air contrarié et avançait d'un pas déterminé plus rapide qu'à l'accoutumée. 
- Je ne peux pas rester avec toi aujourd'hui. La bande d'abrutis a juré de me retrouver à la sortie. Je préfère que tu n'y sois pas mêlée. Il vaut mieux que je rentre directement chez moi.
- Mais pourquoi plus particulièrement aujourd'hui ?
- Ils se sont encore moqués de moi ... de nous. Et cette fois, ils ont été trop loin.
- Oh non, qu'est-ce que tu as fait ?
- Ce n'est pas important mais il vaut mieux que tu rentres directement chez toi.
  Sans lui demander son avis cette fois, il la saisi délicatement par les joues et déposa un baiser sur ses lèvres. Emportée par cette attention qu'elle attendait mais repoussait depuis si longtemps, elle ne résista pas. Lorsqu'ils se séparèrent, leur regard était empli d'étoiles, ils avaient enfin brisé la barrière qui les séparait encore.
  Sans dire un mot, il partit à pas pressé, sourire aux lèvres.

  A mi-chemin de chez lui, Iron n'avait toujours pas aperçut ceux qui avaient juré de le massacrer. Mais une autre tension vint encore se greffer sur ses nerfs déjà à vif. Il arrivait devant chez "la vieille". Et comme chaque jour, un brouillard inexplicable se leva à son approche de la maison. Il maudissait ce phénomène qui le mettait toujours mal à l'aise, n'étant jamais parvenu à s'y habituer, mais le chemin vers chez lui passait obligatoirement par là. Malgré cette journée parfaitement ensoleillée, le brouillard apparut dense et quasiment opaque, il n'y voyait plus qu'à quelques mètres. Il savait ce phénomène tout sauf naturel mais, ne pouvant l'expliquer, il mit cela sur le compte de "la sorcière". C'est comme cela qu'il l'appelait désormais car elle était tous les jours, ne souffrant aucune exception, sur son perron à le regarder passer, un sourire malsain aux lèvres. Et il était persuadé qu'elle provoquait cela.
  Il avait ralenti l'allure à la tombée de la brume et, juste devant la barrière de la "sorcière", ses poursuivants l'avaient rattrapé. Après quelques injures pour la forme, ils lui tombèrent dessus sans qu'il puisse se défendre, ils étaient trop nombreux. Un coup mal placé le fit tomber et les coups de pied se mirent à pleuvoir. Lorsque sa tête heurta le pavé, sa vue se brouilla. Mais à travers les barreaux de bois de la clôture, juste avant de perdre connaissance, il jurerait avoir vu la vieille femme rire aux éclats.
  Un instant plus tard, alors que ses agresseurs s'étaient enfuis à la vue du sang, une voix lui parvint. Il ne la connaissait pas, mais elle lui fit si froid dans le dos qu'il sut immédiatement à qui elle appartenait.
- Tu ne peux pas mourir maintenant, tu as encore une mission à accomplir. Je te fais don de seconde vue, elle t'aidera à accomplir ce qui doit être fait.
  Il sentit soudain une vive chaleur l'envahir alors qu'un rire sardonique s'éloignait de lui.

  Lorsqu'il se réveilla, les yeux pourtant ouverts, il restait confiné dans le noir. Il crut d'abord à un cauchemar, mais sa tête lui faisait si mal qu'il comprit vite que c'était bien la réalité. Il paniqua.
- Tout va bien, le rassura son père. Tu es à la maison.
- Papa, mais que se passe-t-il ?
- Tu as pris un mauvais coup sur la tête il y a trois jours et ...
  Mais la fin de sa phrase resta en suspend alors qu'il posait une main sur la jambe de son fils.
- Trois jours ! Bon dieu ... Et quoi ?
- Les médecins disent que ... que tu es devenu aveugle.
- Quoi ! Mais ... Non ! C'est pas vrai !
- Je suis désolé fils. Ils ne savent pas encore si c'est permanent ou non, tu as peut-être ...
  Alors que son père détaillait l'avis des médecins, le noir s'éclaircit doucement et vira au bleu. Des formes se dessinèrent petit à petit. Ne comprenant pas ce qui lui arrivait, il paniqua plus encore. Sa respiration s'accéléra et il finit presque par manquer d'air. Son père se leva et posa calmement une main sur son épaule pour le rassurer, mais ses mots ne l'atteignaient plus. Iron finit par reconnaître sa chambre puis son père. Tout restait en dégradé de bleu, mais il y voyait correctement. Il ne comprit pas comment cela était possible puis se remémora les paroles de la vieille femme : "Je te fais don de seconde vue ...". 
  Il ne savait trop s'il était stressé d'enthousiasme ou de peur, les deux se mélangeant certainement.
  Tandis que les larmes le gagnaient petit à petit, il remarqua quelque chose d'étrange. Les murs étaient remplis d'inscriptions dans une écriture phosphorescente qu'il ne connaissait pas. Quelques secondes supplémentaires furent nécessaires pour qu'il reconnecte avec l'explication de son père.
- ... et donc, nous ferons tout ce qui est possible pour t'aider.
- Merci 'pa. On peut descendre, je voudrais manger un bout.
  Mais il voulait surtout vérifier si le reste de la maison était également recouverte de ces inscriptions étranges. Cela l'inquiétait désormais plus que sa vue car il y voyait à nouveau. Il ne parla cependant pas de tout cela à son père, pas tout de suite en tout cas. Il voulait d'abord vérifier si ces écritures avaient un lien avec leur malédiction.
- Bien sûr et d'ailleurs, c'est l'heure.
- Ah oui, c'est juste ! Et comment ça s'est passé les autres jours.
- On a fait comme d'habitude mais sans toi. Heureusement cela n'a pas porté à conséquence. Il semblerait que notre fardeau se soit mis en pause pour toi le temps que tu te rétablisses. Autant dire qu'on a paniqué la première fois.
  Nous descendîmes sans tarder lorsque ma montre sonna dix-sept heure cinquante. Dans dix minutes, nous allions devoir commencer à jouer de la musique et toute la famille, chaque génération encore en vie, devait être présente.
- Où est Allie ? demandai-je à mon oncle Frank.
- Elle n'est pas encore rentrée.
- Mince ! Où est-elle ?
- Sans doute avec Snatch, ils ne vont pas tarder, ne t'inquiète pas.
  Mais Iron ne pouvait faire autrement que s'inquiéter. Il connaissait, comme les autres, les conséquences si elle n'était pas près d'eux à dix-huit heure précise. Les secondes s'écoulaient dans un sablier trop rapide et Allie n'était toujours pas là. Lorsque le sixième coup retentit à la vieille horloge à pendule du salon, chacun des membres de la famille commença à ressentir une intense douleur musculaire. Son père s'approcha de lui.
- Nous devons commencer à jouer, dit-il dépité.
  Iron quitta la fenêtre, s'assit et prit sa guitare. Les larmes aux yeux il commença à jouer mais des bruits de pas accourant vers la maison les firent tous se retourner. La seconde d'interruption relança instantanément la douleur. Ils aperçurent Allie par la fenêtre ... mais elle était déjà pétrifiée dans sa course sur le pas de la porte. Sa peau se marbrait tandis qu'elle se transformait en statue de pierre. Iron quitta sa chaise d'un bon et courut vers la porte alors que les autres continuaient à jouer pour tenir la tétanisation à l'extérieur de la maison. Il ressentit la douleur et avait de plus en plus difficile à avancer ... il devait continuer à jouer avec les autres. La malédiction qui s'était interrompue pour lui pendant son inconscience avait repris ses pleins droits. Pourtant, il était hors de question de laisser Allie sans rien tenter. Il ouvrit la porte et eut juste le temps de s'écarter lorsque Snatch attrapa sa sœur, rigide comme une sculpture, pour entrer en un vol plané qui termina douloureusement contre un mur. Le père d'Iron lança sa guitare à son fils et le jeune homme se remit immédiatement à jouer. Les secondes passant, Allie reprenait une couleur normale et se yeux purent se remettre en mouvement. Une minute plus tard, elle se levait avec l'aide de Snatch et attrapait sa flûte pour jouer avec les autres.
  Lorsque l'horloge sonna la demi, ils s'arrêtèrent de jouer, poussant un profond soupir de soulagement.
- Merci Snatch, dit Iron.
- De rien. Je compte bien épouser ta sœur alors si je ne fais pas ce genre de chose, il vaut mieux que je m'en aille tout de suite. Désolé pour la frayeur, un accident sur la route nous a retardés.
- Ce n'est pas grave, le rassura le père, tout se termine bien, heureusement.

  Quelques minutes avant dix-huit heure, Niva se disputait avec sa sœur. Elle lui avait avoué le baiser, provoquant une vive colère. Mais déjà, la tension était redescendue. L'approche du changement calmait toujours leurs esprits. La sœur de Niva semblait physiquement beaucoup plus vielle alors même qu'elles étaient jumelles. Elle ressemblait à leur mère et paraissait le même âge ... qu'à sa mort. Leurs parents étaient morts plusieurs années auparavant et les deux sœurs s'occupaient l'une de l'autre. La particularité physique permettait de faire croire que leur mère était toujours en vie, elle avait même repris son travail. Ce choix leur avait été imposé ... et "Elle" n'aurait pas toléré que les deux sœurs refusent.
  Lorsque, parfaitement synchrones, leurs montres se mirent à sonner, elles se regardèrent fixement, attendant que le changement s'opère. Il était dix-huit heure. Sans douleur aucune, avec une parfaite fluidité, leurs corps commencèrent à changer. Niva se ridait pendant que sa sœur semblait rajeunir. La minute suivant, Niva était devenue la mère et sa sœur, l'adolescente.
- Elle ne va pas être contente, dit cette dernière pour conclure leur discussion.
- Je ne sais pas, la contredit Niva. Pourquoi nous avoir expressément interdit de les fréquenter et nous le rappeler si souvent. Si elle n'avait rien dit, quelles auraient été les chances que cela se produise. Elle nous manipule depuis toujours.
- Tu crois donc qu'en réalité elle cherchait à ce que ça se produise.
- Comment savoir ? On ne sait jamais rien avec elle. Je ne sais qu'une chose ...
- Laquelle ?
- Si telles étaient ses intentions, je viens de démarrer son plan ... et je vais le continuer.


Fin de l'extrait.
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A très bientôt pour le troisième et dernier extrait ...







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