mercredi 3 septembre 2014

Vote - Nouvel An 2015 - 1 - Malgré lui


Bonjour à tous,
voici donc le premier "extrait" que je vous propose. Les StephenKingiens (même si je n'ai naturellement pas son talent) devraient s'y retrouver.

Bonne lecture et n'oubliez pas les Likes et autres Partages !

D'ores et déjà merci.

Malgré lui

  Ce jour-là, je n'aurai jamais pu m'attendre à ce que j'ai découvert. Rentré tard la veille du travail, Marie n'était plus à mes côtés dans le lit. Elle m'avait laissé dormir et s'était occupée seule de nos deux enfants. Il n'y avait plus un bruit dans la maison, j'ai naturellement pensé qu'elle était déjà partie les conduire à l'école. Mais il en était tout autre ...
  En effet, je les ai trouvés tous les trois morts dans la cuisine. Ils étaient là, allongés sur le sol, inertes. Aucune trace de violence ou d'effraction. On eut dit qu'ils étaient simplement morts sur place. Plus tard, je me rendais compte qu'il en était de même pour le village, le pays ... et aujourd'hui, le monde.
  Au départ, je crus naturellement à un cauchemar, mais cela fait trois ans que j'erre seul à travers le continent sans but précis. J'ai traversé une dizaine de pays à pied car les voitures ne fonctionnent plus et le spectacle est inlassablement le même partout. Un monde immobile, figé dans le temps. A part moi, seule la nature vit encore, reprenant peu à peu ses droits sur nos villes et nos routes. Même les animaux ne sont plus. Je suis sur le point de perdre la raison, pensant souvent à mettre fin à mes jours et pourtant, je continue à chercher. Des anomalies et des contradictions me font penser que tout ceci n'est pas le fruit du hasard.
  Il y a tout d'abord cette voix dans ma tête. Tous les soirs, au coucher du soleil, j'entends cette petite fille chantonner inlassablement la même comptine. Mais jamais je ne l'ai trouvée.
  Ensuite, pour me sentir moins seul, des semaines après ce fameux jour, je décidais de me mettre en route pour trouver d'autres survivants, emportant un lecteur mp3 et un stock de piles. Mais jamais je n'eu besoin des réserves car les premières que je mis dans l'appareil fonctionnent encore aujourd'hui. Dans un sens, ce fut un grand soulagement. Atteint d'une maladie grave, je ne restais en vie que grâce à un pacemaker, je ne me tracassai dès lors plus de la viabilité de ce dernier. Au fil des mois, j'abandonnais progressivement l'espoir de retrouver des miraculés comme moi et espérais juste découvrir le pourquoi de tout ceci. Aujourd'hui, je ne cherche plus rien, j'erre sans but.
  Plus étrange encore furent tous ces corps ... qui ne se décomposaient pas, ma plus grande crainte au départ. Être entouré de visages abîmés ou défigurés pour ne plus trouver finalement que des squelettes décharnés me mettait vraiment mal à l'aise. La plupart d'entre eux restaient presque intactes. Le plus étonnant était finalement que certains se décomposaient malgré tout. Cela m'intrigua, mais aujourd'hui, j'ai fini de me poser toutes ces questions.

  Le mot solitude prenait réellement tout son sens. 

 Je m'étais endormi dans un grand centre commercial sur un matelas dernière génération. A mon réveil, alors que je déjeunais paisiblement, un bruit attira mon attention. Quelque chose venait de tomber dans un des magasins. Or, dans le monde dans lequel j'évoluais, un tel bruit était devenu la chose la plus anormale qui soit. Je me levai d'un bond !
  J'arpentai les couloirs à ciel ouvert en courant. Cela faisait si longtemps que je n'avais plus couru que mes muscles hurlèrent dès les premiers bonds et ma course fut maladroite. Finalement, j'aperçus cette boule de poil qui m'observait ... un chien ! Comment était-ce possible ? Je n'avais plus vu d'animaux vivants depuis ... mon dieu, trop longtemps. Arrivé à sa hauteur, je m'agenouillais pour l'attirer à moi. J'étais si content de voir quelqu'un que je ne me posai même pas la question de savoir s'il était dangereux. Puis, d'un bond, il détala. Je le poursuivis, luttant contre mes muscles endoloris et trébuchant souvent. Je m'écroulais dans un porte-cintre sur roulettes en tournant au bas des escaliers et voyait le chien courir vers la sortie. J'allais le perdre! Le souffle déjà court, ma course était de plus en plus douloureuse et ma progression ressemblait plus à une marche rapide.
  Lorsque je franchis les grandes portes du complexe, il avait disparu. De rage, je criai dans la rue, frappant dans le vide alors que les larmes me gagnaient. Je perdais la tête. Avais-je rêvé ? Non, je ne crois pas. Les yeux rougis d'un profond sanglot, je perdis totalement pied, arrachant ma veste et ma chemise sans prendre le temps de les préserver. Et je ne m'arrêtai pas là. Quelques secondes plus tard, je me retrouvai entièrement nu à hurler au milieu de la route. Toute notion de pudeur avait disparu depuis que j'étais seul.
- Alors c'est ça !!!
  Je n'avais plus parlé depuis si longtemps que ma voix était devenue rauque et crier me brisa en partie les cordes vocales si bien que je fus pris d'une incroyable quinte de toux qui me brûla les poumons et la gorge. A genoux sur le sol, je vis mes larmes tomber sur le bitume.
- C'est ça que vous voulez, dis-je à court d'haleine. Vous voulez me rendre complètement fou. Ce n'était pas encore assez de me laisser seul avec cette voix dans la tête. Il fallait que vous m'envoyiez des hallucinations. J'en ai assez, je n'en peux plus. Je vais rester là ... et me laisser mourir. A quoi bon de toute manière. J'ai parcouru tant de kilomètres, traversé tant de pays dans l'espoir de trouver quelqu'un ou une réponse à tout ceci. En vain. Mais qu'attendez-vous de moi ? hurlai-je.
  Puis, mon attention fut attirée par un petit bruit sec, comme un cliquetis sur le béton. Le chien était revenu ! Les yeux encore brumeux, je pris quelques secondes pour le regarder. Il était vraiment magnifique ... mais je crois que j'étais tellement heureux de voir quelqu'un d'autre que même un bulldog français l'aurait été. Il était équipé d'un harnais, ce qui signifiait qu'il devait appartenir à quelqu'un. Serait-il possible ?
- N'aie pas peur, je ne te veux aucun mal, dis-je d'une voix douce pour éviter de le faire fuir à nouveau.
  Il ne bougea pas, restant à me fixer, ne montrant pas le moindre signe d'agressivité. Je n'osais pas le moindre mouvement.
- Viens mon beau ...
  Je regardai autour de moi et aux fenêtres de l'immeuble devant lequel il se trouvait, mais ne vis personne. Ce n'est pas grave, j'avais tout mon temps. Une solitude totale de plus de trois ans vous apprend la patience plus sûrement que le meilleur des professeurs.
- Tu veux quelques choses ? proposai-je en indiquant le centre commercial où mes affaires se trouvaient.
  Il se redressa et fit quelques pas pour rentrer dans l'immeuble. Non ! Il ne devait pas fuir à nouveau ! Mais il s'arrêta et regarda en arrière, vers moi. Comme s'il m'invitait à le suivre.
- Tu veux que je vienne avec toi ?
  Il avança de nouveau et se tourna encore vers moi. Je décidai de le suivre lentement pour ne pas l'effrayer. Il me fit monter trois étages avant de s'engouffrer dans un couloir. J'étais hors du temps, hors de l'espace tant tout ceci me paraissait irréel. Les portes des appartements se succédaient, c'était un peu effrayant. J'avais toujours évité ces immeubles car, pour une raison étrange, je ne voulais pas y trouver de cadavres. Ailleurs, cela ne me posait aucun problème, mais dans les habitations, une peur réelle s'emparait de moi, comme si les fantômes de tous ces gens pouvaient m'en vouloir de m'inviter chez eux.
  Il s'arrêta finalement devant une porte entrouverte puis entra. Je m'avançai avec prudence et poussait doucement la porte qui gémit dans un bruit atroce. Était-ce un message, un signal que je devais partir, que je n'étais pas le bienvenu chez les eux ? Au milieu de la pièce, le chien s'était assis aux côtés d'une petite fille qui ne devait pas avoir plus de douze ans. Ma tension augmenta ... je n'étais réellement plus seul. Elle le caressait doucement, le félicitant pour son travail par de petits bruits indistinct avec sa bouche.
- Bon ... bonjour, tentai-je.
  Elle ne répondit pas, se contentant de lever les yeux vers moi sans vraiment me regarder. Une sensation étrange s'empara de moi.
- Tu existes finalement ? dis-je plus pour moi que pour elle.
  Elle opina du chef mais bien entendu, un fantôme dirait exactement la même chose.
- Il ne s'agit donc pas d'une illusion ?
  Elle signa non de la tête sans dire un mot. Mais une fois de plus, la question était inutile.
  Je ne savais quoi dire. Et que dire d'ailleurs ? Qui es-tu ? Cela n'a plus la moindre importance aujourd'hui. Que fais-tu là ? Cette question ! La même chose que moi, rien. Sais-tu ce qui se passe? Encore plus ridicule, c'est une fillette. Non, il y avait bien plus simple en fait.
- Comment t'appelles-tu ?
  Mais elle resta toujours silencieuse. A cet instant, je me rendis seulement compte que j'étais entièrement nu et cachai instinctivement mon sexe devant cet enfant.
- Oh, pardon ! Je ... Je suis désolé ... je n'avais pas fait ...
  J'hésitai sur place, ne sachant trop que faire, puis, apercevant un cadre sur le mur, je fis quelques pas pour l'atteindre. Mais, alors que le chien me suivait du regard, la petite fille restait fixée sur la porte, la tête légèrement relevée. Je regardai plus attentivement ... Elle était aveugle !
- Le harnais sur le chien, mais bien sûr ! dis-je à mi-voix.
  Sans trop savoir pourquoi, je m'approchai lentement d'elle, un peu comme si je voulais l'aider. Or, si elle avait survécu pendant trois ans, elle n'en avait pas vraiment besoin.
- Puis-je faire quelque chose pour toi ? (Silence) Veux-tu à boire ou à manger? (Silence) Peut-être veux-tu que j'aille te chercher de la nourriture. (Silence) Petite? (Silence) Hé, Petite? insistai-je. M'entends-tu ?
  Elle tourna brusquement la tête vers moi, ses yeux vitreux grands ouverts, me faisant sursauter et, de sa petite voix douce, dit :
- Tout va bientôt se produire !



Fin de l'extrait.
J'espère que vous l'avez apprécié et qu'il vous donnera envie d'en savoir plus.
Un deuxième extrait suivra d'ici un jour ou deux.
N'oubliez pas que vous pouvez également faire des commentaires sur le blog ou via Facebook avant la sortie des trois extraits. Car même si un scénario n'est pas retenu en priorité, cela ne veut pas dire qu'il ne sortira pas un jour et donc, toutes vos remarques/encouragements/critiques sont les bienvenus.

A très bientôt pour la suite.








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